Alors qu’il y a deux ans le gouvernement se félicitait de l’avancée historique de l’inscription dans la Constitution de « la liberté d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse », la réalité du terrain est tout autre.
A l'occasion de la journée mondiale pour le droit à l'avortement le 28 septembre, les organisations syndicales appellent à la mobilisation de toutes et tous !
Communiqué de presse intersyndical - CFDT, CGT, UNSA, Union syndicale Solidaires, FSU
28 septembre : l’accès à l’IVG et aux droits reproductifs est une question de santé au travail et de justice sociale !
À l’approche de la Journée internationale de lutte pour le droit à l’avortement du 28 septembre, le message de l'intersyndicale est clair : l'accès à l'IVG et aux droits reproductifs est une question de santé publique, mais c'est aussi, de plein droit, un combat pour la santé au travail et la justice sociale.
Le monde du travail entretient un lien historique avec le droit des femmes à disposer de leur corps, condition essentielle à la construction d’une société fondée sur l’égalité. L’accès à l’IVG et à la contraception est fondamental dans l’accès des femmes à l’autonomie économique, au monde du travail et plus largement à la sphère publique. Avant même la loi Veil, dans les entreprises et les services publics, les travailleuses s’organisaient dans l'ombre : cagnottes clandestines, réseaux d'entraide et de solidarité pour permettre à leurs collègues d'avorter dans la dignité et la sécurité.
Aujourd’hui, le contexte international montre à quel point ces droits restent sous pression et peuvent être remis en cause. Aux États-Unis, depuis l'arrêt de Roe v. Wade, l'interdiction de l'IVG dans de nombreux États a poussé certaines entreprises à financer le déplacement de leurs salariées. Mais l’accès à un droit fondamental ne doit jamais dépendre du bon vouloir d’un employeur : ce doit être un droit garanti, inconditionnel et universel.
En Europe,la montée de l’extrême-droite s’accompagne d’une remise en cause ou de difficultés d’accès à l’IVG dans plusieurs pays. L’organisation d’une exposition anti-IVG dans les locaux même du parlement européen témoigne des attaques de plus en plus fortes de l’extrême-droite et des mouvements anti-genre. Tandis qu’il est encore totalement interdit à Malte et en Andorre.
En France, le mépris des pouvoirs publics envers les difficultés d’accès des femmes à l’IVG est flagrant. La désertification médicale, la fermeture de centres de santé sexuelle et la baisse chronique des subventions aux associations, dont le planning familial, constituent autant d’obstacles pour les femmes qui veulent accéder à l’IVG. Enfin, alors qu'un arrêt de travail spécifique sans jour de carence existe depuis 2024 pour les interruptions médicales de grossesse (IMG) et les avortements spontanés, l'accès à un arrêt sans carence pour une IVG reste bloqué à l'Assemblée nationale, où la proposition de loi dort en commission des affaires sociales depuis le 25 septembre 2025 !
Pendant ce temps, les travailleuses du privé comme les agentes de la Fonction publique continuent de subir jusqu'à trois jours de carence. Subir une perte de salaire parce qu'on a recours à une IVG est une pénalisation financière inacceptable.
L’intersyndicale CFDT, CGT, UNSA, Solidaires, FSU exige :
- La fin immédiate des jours de carence pour IVG dans le privé comme dans la Fonction publique, par l'élargissement sans délai du dispositif existant pour les IMG et fausses couches, ainsi que la création d'un congé rémunéré.
- La prise en compte de la santé sexuelle, hormonale, gynécologique et reproductive dans les politiques de santé au travail, avec notamment l’instauration d’un droit à congé, la prise en charge à 100 % de l’IVG, de la PMA et de l’ensemble des contraceptifs, ainsi que l'adaptation concrète des postes et conditions de travail.
- L’application effective de l'éducation à la sexualité (EVARS) à tous les niveaux scolaires, appuyée par des personnels formés pour lutter contre le sexisme, en permettant l’appui aussi d’associations agréées et non confessionnelle dans l’enseignement public et dans l’enseignement privé.
- Des moyens budgétaires pérennes pour le service public de santé et le tissu associatif, avec un plan de titularisation et de revalorisation des travailleuses et travailleurs du secteur, aujourd'hui épuisé·es et précarisé·es.
- L’inscription de l'IVG dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Face à la montée des idéologies réactionnaires et aux politiques d'austérité, nos 5 organisations syndicales seront pleinement mobilisées le 28 septembre pour défendre la santé, la liberté et les droits de toutes et tous, au travail comme dans la société.
Communiqué de presse intersyndical - CFDT, CGT, UNSA, Union syndicale Solidaires, FSU
Tract de l'Union syndicale Solidaires
CONTRE LES COUPES BUDGÉTAIRES ET L’EXTRÊME DROITE : DÉFENDONS LE DROIT À L’IVG ET NOS DROITS REPRODUCTIFS !
Alors qu’il y a deux ans le gouvernement se félicitait de l’avancée historique de l’inscription dans la Constitution de « la liberté d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse », la réalité du terrain est tout autre. Partout sur le territoire, les structures du Planning Familial et les Centres de Contraception et d’IVG (CIVG) sont étranglés financièrement.
Les antennes du Planning Familial subissent des attaques répétées : suppression des subventions par la mairie RN à Carpentras, coupes de 160 000 euros par l’ARS en Nouvelle-Aquitaine (retirées suite à la mobilisation) ou fermetures de structures en Drôme et en Aveyron. Face à ces coupes budgétaires, c’est l’accès à la santé sexuelle et reproductive qui recule. En 20 ans, ce sont également 40 % des maternités de proximité qui ont fermé en France et, avec elles, des lieux essentiels pour être accompagnée durant sa grossesse, pour son accouchement, ou lors d’une interruption spontanée ou volontaire de grossesse.
Ce démantèlement fait directement écho au contexte international. Aux États-Unis, en Pologne ou en Italie, la montée de l’extrême droite et des « anti-choix » détruit les droits des femmes et des minorités de genre et criminalise les personnels de santé qui pratiquent des interruptions volontaires de grossesse.
En France, l’absence de moyens transforme le droit constitutionnel en coquille vide : la baisse des capacités des hôpitaux impose une hausse massive des IVG médicamenteuses (79 % en 2023) par défaut d’accès à la méthode instrumentale.
Pour Solidaires, le choix de la méthode doit appartenir à la personne concernée, pas aux restrictions budgétaires.
Pire encore, la réalité du monde du travail et de la Fonction publique continue de nier les réalités du corps et des parcours de soin : l’application du jour de carence en cas d’IVG ou d’arrêt lié à la santé reproductive et hormonale punit financièrement les personnes qui y ont recours.
L’UNION SYNDICALE SOLIDAIRES EXIGE :
→ Une prise en charge intégrale à 100 % de l’IVG, de la PMA (ouverte à toutes et tous, incluant les personnes trans), de la contraception et des parcours de soin reproductifs.
→ Un congé rémunéré à 100 % d’au moins 3 jours, sans jour de carence ni justificatif, pour les personnes concernées et accompagnantes en cas d’IVG, d’ISG ou d’IMG, dans le privé comme dans la Fonction publique.
→ L’ouverture d’un droit à un congé hormonal et menstruel (26 jours par an, inconditionnel, rémunéré et sans jour de carence), ainsi que l’aménagement des temps et espaces de travail (pauses, sanitaires équipés, accès gratuit aux produits périodiques).
→ Le maintien et la réouverture des CIVG et maternités de proximité, avec des moyens humains et matériels dédiés pour garantir l’accès effectif au choix de la méthode.
→ L’application effective de l’éducation à la sexualité (programmes d’EVARS) incluant l’égalité filles-garçons à tous les niveaux de la scolarité pour lutter contre le sexisme.
→ Le rétablissement intégral et immédiat de toutes les subventions supprimées par les collectivités ou les ARS, des plans de financement public, pérenne et inconditionnel pour les planning familiaux et les CIVG et l’arrêt de la précarisation des travailleuses et travailleurs du secteur.
→ La suppression de la clause de conscience spécifique à l’IVG et l’application ferme de la loi contre le délit d’entrave.
→ La garantie de la production nationale de la Mifépristone pour sécuriser l’accès aux molécules face aux pressions réactionnaires. Et plus globalement un marché public du médicament.
Derrière les arbitrages budgétaires et la carence de l’État, ce sont les corps, la santé, l’autonomie et les libertés fondamentales des femmes et des minorités de genre qui sont directement ciblés.
Solidaires refuse que nos droits soient la variable d’ajustement des politiques libérales ou les cibles des idéologies d’extrême droite.
Nous appelons à nous joindre massivement aux mobilisations partout sur le territoire autour de la journée internationale du droit à l’avortement le 28 septembre 2026, et à soutenir toutes les initiatives en défense des Planning Familiaux, des CIVG, des hôpitaux et maternité de proximité.
Communiqué de presse du Collectif Avortement en Europe, les Femmes Décident
L’Extrême droite est contre le droit à l’IVG
A la veille du 28 septembre, journée internationale pour le droit à l’avortement, et à l’approche des élections présidentielles puis législatives en 2027 en France, le Collectif « Avortement en Europe, les femmes décident » alerte sur les manœuvres de l’extrême droite (Rassemblement national et alliés), en France comme au niveau européen, pour remettre en cause ce droit fondamental.
En France, le 4 mars 2024, 11 députés du Rassemblement National votaient contre l’inscription du droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution.
Le 12 février 2026, à Strasbourg, Marion Maréchal Le Pen et Nicolas Bay, député·es européen·nes d'extrême droite posaient devant une banderole anti-IVG déployée sur le Parlement européen (PE).
Le 15 septembre 2026, Marion Maréchal Le Pen est allée plus loin en inaugurant une exposition contre le droit à l’avortement au sein de la même institution.
La remise en question du droit à l’IVG, voilà ce qui attend les femmes en France si l'extrême droite devait arriver au pouvoir lors des présidentielles et législatives en 2027.
Toutes les femmes sont concernées et peuvent mesurer, par ces prises de position au Parlement Européen et en France, combien l’accès au pouvoir d’un parti d’extrême droite nuirait à leurs droits et à leur liberté de choisir ou non une grossesse. Le vote des femmes aux élections de 2027 sera essentiel pour réaffirmer leurs droits.
Parallèlement, le Parlement Européen, qui a ratifié la Convention d’Istanbul, ne peut pas accepter que des évènements portant atteinte aux droits des femmes se tiennent dans son enceinte. Nous exigeons la suppression de cette exposition.
Dans un contexte de poussée des votes d'extrême droite partout en Europe, le Collectif rappelle l’urgence absolue d'inscrire le droit à l’interruption volontaire grossesse dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Le 28 septembre 2026, le Collectif appelle toutes et tous à manifester pour défendre le droit à l’IVG et nos libertés.
Collectif Avortement en Europe, les Femmes Décident
Communiqué de presse du Collectif Avortement en Europe, les Femmes Décident